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Interview de Ludovic Langevin

// Interview réalisée par Katia Massol en janvier 2017 //

Ludovic, vous êtes depuis 2005 le «Monsieur Sécurité » du Puy du Fou. Soulignons que le parc a dépassé les 2 millions de visiteurs en 2015. Quelles y sont vos missions plus précisément ?

J’assure l’ensemble de la sécurité de l’association du Puy du Fou pour la Cinéscénie, spectacle nocturne. J’y manage toute la partie secours aux personnes, sécurité incendie, sauvetage aquatique et sûreté. J’ai sous ma responsabilité 120 bénévoles répartis entre différents services. Cela exige pour tous rigueur, ponctualité et exemplarité. Bénévole ou salarié, la mission est la même. Le professionnalisme doit être identique, c’est là que réside tout l’enjeu.

Revenez pour nous sur une expérience marquante de votre parcours.

J’ai eu le plaisir de voir naître de nombreuses vocations au Puy du Fou, des bénévoles qui se sont découverts une voie professionnelle. Ils sont devenus pompiers ou agents de sécurité. Quelques années après, je travaille même avec certains d’entre eux.

Vous intervenez auprès d’ARTEK pour les formations Sécurité Incendie, SSIAP1 / Équipier de Première Intervention, Secourisme, Responsabilités des cadres et CCP des fondamentaux. Comment définiriez-vous cette collaboration ?

Notre collaboration date de 2014. Cela s’est fait naturellement par le biais de connaissances professionnelles qui m’ont fait rencontrer Sandrine Thébaud, la dirigeante. J’ai commencé par assurer les formations SST, puis les formations sécurité incendie, etc. J’apprécie la simplicité de nos relations de travail, cette collaboration qui va dans les deux sens. J’aime à dire que je fais de la formation par plaisir, car mon premier travail n’est pas d’être formateur. Faire partager ses connaissances professionnelles est très enrichissant pour moi. Pour les stagiaires, le fait d’être un professionnel en activité apporte de la crédibilité : ce qu’ils ont en problématiques, je les ai vécues ou je les vis. Cela évite toute déconnexion du monde professionnel. Sur les photos : à gauche, Sandrine Thébaud et Ludovic Langevin au Lycée St-Gabriel pour le SSIAP 1 – à droite, Ludovic dans une de nos formations SST à Nantes.

Dans notre actualité commune, il y a la mise en place de formations en Vendée : le SSIAP 1, la remise à niveau et le recyclage où vous interviendrez en binôme avec Mélanie Tuffery. Ces formations sont proposées en partenariat avec Expéria à Olonne-sur-Mer. En quoi, selon vous, la formation d’Agent de Service, de Sécurité et d’Assistance à Personnes correspond-elle aux besoins des entreprises ?

Rappelons que le personnel incendie est obligatoire dans toutes les entreprises. C’est la qualification du personnel qui varie. Les entreprises ont un SSIAP 1 dans deux situations :
> soit par une volonté propre d’avoir une personne formée à la sécurité incendie ;
> soit parce que la règlementation incendie l’exige en fonction du titre et de la catégorie de l’entreprise.
Le SSIAP 1 a des compétences multiples : il connaît la réglementation applicable dans son établissement et également l’ensemble des règles d’évacuation du public. Il sait comment son bâtiment est compartimenté et vérifie régulièrement les locaux techniques, les SSI pour limiter la propagation d’éventuels incendies. Il est au fait pour lancer une alarme, prévenir les sapeurs-pompiers puis être leur relais lors d’interventions. Dans le secteur du spectacle, les établissements de 1ère catégorie ont l’obligation d’avoir un agent SSIAP. C’est un vrai plus pour les raisons que je viens d’évoquer.

A voir ou à revoir notre vidéo sur les formations Sécurité Incendie tournée en ce début d’année avec Ludovic Langevin. Merci au Lycée Saint-Gabriel pour son accueil ainsi qu’au Lieutenant Dominique Bechemil du S.D.I.S. de la Vendée pour ses conseils techniques lors du tournage.

Que voulez-vous, pour chacune de ces formations, transmettre aux stagiaires ? C’est ici l’occasion de revenir sur la différence entre remise à niveau et recyclage SSIAP 1.

Je souhaite leur transmettre, en plus des connaissances, une déontologie professionnelle. Notre métier a évolué et nous sommes bien loin de la caricature de l’agent de sécurité un peu « bourru ». Je veux qu’à la fin de la formation, quand ils réintègrent leur site de travail, ils adoptent une pédagogie adaptée envers les autres salariés. Qu’ils sachent, par exemple, les sensibiliser et leur expliquer l’importance de laisser les portes coupe-feu fermées. Sur la différence remise à niveau / recyclage SSIAP 1 :
> La remise à niveau s’adresse aux personnes titulaires du diplôme SSIAP qui ont dépassé la date limite de recyclage ou qui n’ont pas effectué les 1607 heures d’activité d’agent de sécurité durant les trente-six derniers mois.
> Si la personne justifie de ces 1607 heures, elle fera alors le recyclage.
Dans le secteur du spectacle, de nombreux régisseurs et techniciens n’effectuent pas ces 1607 heures car le SSIAP est une seconde activité. Dans ce cas, ils doivent faire une remise à niveau.

Pour conclure, que peut-on vous souhaiter « professionnellement » pour 2017 ?

De continuer la formation et que cela se passe toujours aussi bien ! Je souhaite aussi poursuivre mes interventions auprès des Bacs Pros Métiers de la Sécurité du Lycée St-Gabriel afin qu’ils sortent avec un diplôme reconnu, de vraies compétences et qu’ils trouvent rapidement un emploi.

Merci Ludovic d’avoir répondu à nos questions.