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Interview de Jean-Denis Rolland, Dirigeant d’entreprise de Régie Générale

// Interview réalisée par Katia Massol en avril 2016 //

Jean-Denis-Rolland-Concretec

Jean-Denis, vous êtes le fondateur et dirigeant d’une entreprise de management évènementielle. Quelles sont ses activités ?

Mon entreprise couvre les activités de régie générale, de direction technique et de prévention des risques dans le spectacle et l’évènement.

De la simple maîtrise d’œuvre des divers intervenants d’un évent à la régie totale, nous nous adaptons au besoin réel de nos clients. Il arrive souvent que des organisateurs en manque d’expérience ou tout simplement mal conseillés surestiment les missions, nous les orientons vers la réponse la plus juste à apporter à leurs besoins.

Parallèlement à cela, nous sommes spécialisés dans les projets « impossibles » : timings serrés, structures hors normes, typologies d’évènements atypiques, accessibilités difficiles…

Plus la mission parait compliquée et plus nous nous réjouissons du défi à relever !

Pouvez-vous nous présenter votre équipe ?

Il s’agit d’une structure un peu atypique, en effet, à ce jour la société ne possède pas d’équipe fixe pour un choix de flexibilité et d’adéquation avec la typologie des missions proposées. Depuis plus de 20 ans, j’ai traversé la France pour répondre à des missions de régies générales, régies techniques, régies structures, régies lumières et régies énergies. Ce qui a fait ma force, c’était la force de mon réseau : j’ai toujours pris beaucoup de soin à réunir des profils techniques pointus et avec un esprit d’équipe affirmé. J’ai créé cette entreprise sur ce même schéma.

Direction-technique-Jean-Denis-Rolland

Aujourd’hui, je possède un réseau d’une centaine de profils triés sur le volet et d’une vingtaine de sociétés. Mon entreprise est donc en capacité de répondre à des gestions d’évènements de toutes tailles. Chargés de sécu, SSIAP 1, 2 et 3, ingénieurs structure, infographistes, directeurs techniques, IPRP, acousticiens, préventionnistes, logisticiens… les profils sont hétéroclites et couvrent la totalité des compétences demandées pour nos missions.

Vous assurez depuis 2013 la direction technique du Festival ElectroBeach, le plus grand festival de musique électro de France. En 2015, avec 140 000 spectateurs, il s’est même hissé en haut du palmarès des festivals. Comment prépare-t’on un tel évènement ?

Jean-Denis-Rolland-Réunion-commission-sécurité

Ce festival passant par appel d’offre, le timing est très serré.  La société Sgroup a été retenue trois années de suite. Ils ont fait appel à moi la première année, c’était une chance. Depuis chaque année, ils me resollicitent et je prends toujours autant de plaisir. La scène édifiée sur site est une structure atypique, l’une des plus grande montée en Europe à base d’échafaudages. Nous avons 15 jours avant l’arrivée sur site pour :

> étudier le design structure,

> envisager les problématiques,

> optimiser les timings,

> monter les équipes,

> étudier les Riders des divers artistes,

>  trouver le meilleur compromis entre toutes les configurations.

Un beau challenge !

Nous aimerions revenir sur une autre expérience très impressionnante. Vous avez mis en place sur le Pont du Gard une ligne de vie pour la sécurité des équipes techniques de l’Établissement Public de Coopération Culturelle. Pouvez-vous nous en dire plus ?

Ligne-de-vie-du-Pont-du-Gard-

L’EPCC a attribué le marché à la société Texen qui est en charge de l’entretien des projecteurs leds mettant en lumière le pont. Dans une démarche de travail en sécurité, la société Texen m’a accordé sa confiance pour la mise en œuvre d’une ligne de vie temporaire sur cet ouvrage magnifique. À première vue, il n’y a pas de grosses difficultés outre la hauteur. Mais les ancrages étant interdits, nous avons dû trouver une méthodologie pour éviter d’altérer la pierre tout en assurant une protection conforme à la règlementation. Sur ce projet, j’ai collaboré avec Olivier Bridou, intervenant Artek et spécialiste du travail en hauteur [lire son interview]

Nous avons pris autant de satisfaction à réaliser l’étude qu’à effectuer la mise en œuvre. Malgré le froid, c’est un magnifique lieu de travail. Depuis, notre première intervention, j’ai effectué trois autres interventions toujours avec autant de plaisir.

Vous êtes formateur auprès d’ARTEK depuis plusieurs années. Dans quels domaines plus précisément ? Comment définiriez-vous cette collaboration ?

J’interviens en préparation à l’habilitation électrique, et quelques interventions en travail en hauteur. J’ai depuis le début apprécié la ligne de conduite d’Artek. Tous les intervenants sont issus du milieu du spectacle, la majorité étant encore en activité. C’est très important pour le retour d’expérience. Les stagiaires apprécient que l’on parle le même langage, les problématiques sont souvent récurrentes.

Un des points importants, c’est de ne pas oublier que nous ne formons pas des ingénieurs mais des personnels qui ont, pour la plupart, appris sur le tas et qui ont « les mains dedans » depuis de nombreuses années. Nous venons modifier leurs « mauvaises habitudes » et leur apporter les outils nécessaires pour effectuer leurs tâches quotidiennes en toute sécurité.

Et si on parlait de votre actualité ?

Je viens de finaliser la régie générale et la direction technique de l’évènement Escale à Sète 2016. C’est un magnifique évènement qui a réuni cette année plus de 300 000 personnes sur une semaine. Sur la photo de droite, à côté de Jean-Denis : Patrick André, responsable sécurité Escale à Sète, le responsable commercial Armor Lux, Wolfgang Idiri, directeur général Escale à Sète et Yannick Le Floch, responsable des magasins Armor Lux.

Escale-à-Sète
Jean-Denis-Rolland-et-l'équipe-Escale-à-Sète

La spécificité de ce festival est la gestion des bénévoles. En effet, Escale à Sète regroupe près de 400 bénévoles qui interviennent à plusieurs niveaux : Accueil, manutention, gestion des parkings… Pour l’occasion, j’avais monté une équipe de 10 cadres pour piloter et gérer chacun des villages. C’est un projet particulièrement difficile, étant classé « grand rassemblement » il est placé sous le couvert de la préfecture. La ville de Sète est une presqu’île avec deux entrées, la gestion d’accueil des visiteurs est très pointue et la marge de manœuvre très limitée. Un gros travail de préprod de deux ans, plus de 2500 mails, plus de 3000 appels, des dizaines de réunions, plus de 100 modifications de plans… les chiffres parlent d’eux-mêmes. On est déjà au travail pour 2018 !!

Enfin, pour cet été, nous interviendrons :

en régie générale pour le 50ème anniversaire du festival Mirondela dels Arts de Pézenas,

en direction technique sur les scènes flottantes d’Agde,

et beaucoup d’autres projets. Nous espérons bien évidemment retourner en régie de l’EMF – Electrobeach Music Festival 2016.


Merci à Jean-Denis d’avoir pris le temps de répondre à nos questions !